Le wampum

Le wampum

 

 

 

Un wampum est une ceinture de perles, d’une quinzaine de centimètres de large et d’une cinquantaine de long. Collier ou ceinture échangé entre deux parties lors de la signature d'un traité, d'un mariage ou pour souligner tout autre événement important. Wampumpeag en algonquin, il s'est raccourci à wampum avec l'arrivée des premiers colons européens.

Monnaie d'échange ou objet sacré validant un contrat ou un événement important (réparation de crime, alliance, deuil) et sans lequel ce dernier n'a aucune valeur ? Œuvre d'art marchandable ou sceau transcendant? Les perles qui le composent proviennent du polissage de coquillages du Nord-Est américain, y compris la Gaspésie: blanc (buccin) ou violet (quahog). Les puissances européennes ne voulant pas investir dans l'aventure nord-américaine au départ, ces perles ont peu à peu revêtu le rôle de monnaie.

Le wampum est constitué de perles enfilées sur des filaments végétaux ou animaux. Les Premières Nations du Nord-Est, les Six Nations iroquoises en l'occurrence, n'ayant pas de système d'écriture, recouraient au wampum et y incorporaient une symbolique d'autant plus ramassée que le matériau était simple (deux couleurs, texture de coquillage). Ainsi le wampum aux deux rangs parallèles violets sur fond blanc, symbolisait-il la coexistence pacifique de deux peuples, Premières Nations et Européens, chacun avec ses propres coutumes et son indépendance (illustrée par le parallélisme des rangs). Le fond blanc symbolisait la pureté, les trois rangés de perles blanches entre les deux rangs violets, l'amitié, la paix et le respect.

“Le Wampum à deux bandes, c’est le grand-père de tous les traités conclus entre nos peuples.

Nous l’avons signé avec les hollandais au début du XVIIe siècle. Les deux bandes de perles pourpres représentent l’Homme Rouge et l’Homme Blanc vivant pour toujours côte à côte dans la paix et l’amitié. Le fond blanc représente un fleuve, symbolisant la vie : vous naviguez sur votre bateau, et nous voyageons dans notre canoë. Chacun est responsable de son propre gouvernement, de sa religion et de son mode de vie. Nous n’intervenons pas dans les affaires de l’autre. Les bandes sont parallèles. Elles ont aussi la même dimension l nous sommes égaux. Nous ne nous appelons pas “père”, ou “fils”, nous nous disons “frère”. Les choses doivent être ainsi entre nous. «Aussi longtemps que l’herbe croîtra, que l’eau coulera et que le soleil brillera».

Ces mots figurent dans le traité. Nous n’avons jamais cessé de croire en leur valeur. Nous attendons que l’Homme Blanc se décide à tenir ses engagements. Pour le moment, il occupe le milieu du fleuve et nous repousse de l’autre côté, mais nous nous rappelons comment les choses doivent être, quel fut notre accord à l’origine, quand vous étiez faibles et que nous étions puissants.

L’Homme Blanc semble avoir oublié. Mais nous avons une excellente mémoire, et le Créateur aussi ... Nos ancêtres ont annoncé qu’un jour, certains de nôtres poseraient un pied sur le bateau tout en gardant l’autre sur le canoë. C’est une situation très instable. Ils ont prédit qu’un grand vent se lèverait et éloignerait l’un de l’autre le canoë et le bateau. Alors, ces gens qui ont un pied dans chaque embarcation tomberont à l’eau. Et aucune puissance sur cette terre ne pourra les sauver. Nous sommes les Haudenosaunees. Ce mot signifie “le Peuple-de-la-Longue-Maison”. Il est composé de six nations, nous sommes tous égaux, tous souverains. Et nous formons une confédération. Nous recherchons la paix, pas la guerre... Pour discuter de la guerre ou de la paix, ou d’autres questions importantes, nous nous asseyons et prenons ensemble nos décisions. Nous n’obéissons pas à une autorité unique, nous ne votons pas, nous n’arrêtons une ligne de conduite que lorsque nous sommes tous d’accord, et nous disposons d’une procédure pour parvenir à cette unanimité.

Notre Feu Central a trois côtés. Nos frères les plus anciens, les Sénécas et les Mohawks, siègent d’un côté du feu; nos frères les plus jeunes, les Oneidas, les Cayugas et les Tuscaroras, se tiennent en face d’eux; et au centre se trouve les Onondagas, les gardiens du Feu Central. De chaque côté du feu, un porte-parole s’exprime au nom de tous ceux qui sont assis avec lui. Quand un problème nous préoccupe, il est exposé par ce que nous appelons “la Source”. Chaque côté en débat librement et propose une solution. Son porte-parole la communique à la Source, qui la modifie afin qu’elle soit en conformité avec les propositions des autres côtés, puis soumet le résultat à chacun des trois côtés pour qu’ils en discutent de nouveau. Ce va-et-vient se poursuit jusqu’à ce que la solution envisagée fasse l’unanimité. Il s’agit d’une très vieille méthode indienne de gouvernement. Elle exige une totale unité de décision. Elle demande beaucoup de temps, mais une fois prises, les décisions sont fermement appliquées.

Quand nous ne parvenons pas à résoudre un problème, nous en reportons l’examen à une réunion suivante. Si, au bout de trois conseils, l’unanimité n’a toujours pas été atteinte, le Tadodaho, le chef Onondaga qui assure la présidence, suggère un compromis. Mais si la question continue, malgré cela, d’être un point de discorde, alors le Tadodaho clôt les débats en annonçant “nous ne la résoudrons pas du tout”, car il n’existe aucun problème au monde qui soit assez important pour créer des divisions entre nous.

Le Pacificateur, qui fonda notre confédération, nous a dit que nos esprits ne devaient faire qu’un. Ce conseil vaut pour notre époque... et pour toutes les autres.”



Chef OREN LYONS

 

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