Le chant d'Hiawatha

Hiawatha



 

En 1885, Longfellow a écrit The song of Hiawatha en vers trochaïques, les mieux adaptés au rythme saccadé et répétitif des danses amérindiennes. Dans ce récit d'une cinquantaine de pages empreintes d'un grand lyrisme, l'auteur tente d'entremêler dans la trame du récit des thèmes américains et des légendes indiennes, en particulier celles de la tribu Onondaga, établie dans le nordest du contient américain. L'histoire raconte l'enfance et les aventures de Hiawatha, jeune indien amoureux de Minnehaha (de la tribu des Dakota). Gardien des champs de maïs,  il enseigne aussi l'art de la pictographie, avant qu'un destin tragique ne le conduise à la vengeance et à l'exil. Le récit raconte comment Hiawatha tue le magicien Megissogwan, à la plume ornée de perles, puissant manitou de la richesse et du wampum (le terme wampum désigne des rangs de perles de coquillage, fabriqués avec de la coquille de mulette et servant de monnaie et d'ornements aux Indiens d'Amérique - N.D.E.) qui a apporté la maladie et la fièvre. La fameuse "ceinture de Hiawatha", est présentée par le musée des six nations indiennes de Onchitoa (New York) comme l'emblème de l'union de la grande paix entre les cinq nations iroquoises, à savoir les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senacas. Il s'agit d'une large ceinture à noeud constituée de wampum de couleur sombre (les wampum noirs ou pourpres avaient plus de valeur que les blancs - N.D.E.) et ornée en son milieu d'une pièce décorative en bois de pin représentant les Onondagas, tandis que les autres tribus sont représentées par des carrés blancs reliés les uns aux autres par un wampum blanc qui symbolise l'unité des cinq nations iroquoises. Cette ceinture sacrée est maintenant exposée au State Museum of Albany, à New York. Les nations indiennes concernées affirment que le premier wampum de coquillage a été fabriqué avec les coquilles des mulettes d'eau douce que Hiawatha avait apportées aux Onondagas. Par la suite, le groupe des Tuscaroras a rejoint les cinq nations, devenant ainsi la sixième nation Iroquoise. Les tribus iroquoises ont peu à peu attribué au wampum une grande valeur rituelle et religieuse. Ainsi, les chefs iroquois ne prenaient connaissance des messages leur étant destinés qu'à condition qu'ils leur soient officiellement transmis par un messager portant la ceinture ou le rang de wampum adapté à de telles circonstances. De même, les tribus et les individus iroquois jugeaient inconcevables de rompre un serment ou un traité scellé par le biais du wampum sacré. La valeur symbolique des ceintures de wampum, garantes du respect des traités entre individus, tribus ou nations, leur confèrent une importance considérable. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui encore, à New York comme en Pennsylvanie, les responsables élus considèrent ces ceintures comme les preuves tangibles d'accords et de traités honorés par les six nations iroquoises et, du moins faut-il l'espérer, par les gouvernements des États concernés et le gouvernement fédéral des États-Unis.


 

The song of Hiawatha
Henry Wadsworth Longfellow (1807-1882)

 

La ceinture de wampum d'Hiawatha,  décrit la fondation de la Confédération, deux nations étant représentées par des rectangles de chaque côté des Onondagas, les gardiens du feu, qui sont représentés par un pin. L'une des fonctions de la nation onondaga, comme gardienne du feu, est de veiller sur les ceintures et les cordons de wampum qui ont été préservés à titre de témoignages de la culture et du droit haudenosaunee.  Les racines de l'arbre de la grande paix s'étendront et nous les appellerons les racines blanches de la paix. Si d'autres hommes ou d'autres nations [...] désirent suivre [...] les lois de la Grande Paix [...] ils pourront remonter les racines de l'arbre aux grandes feuilles longues et s'y mettre à couvert.

Le premier carré de ce drapeau représente les Mohawks. Le deuxième carré représente les Oneidas, celui du centre les Onondagas, celui d'à côté les Cayugas et le dernier, les Sénécas. Cette tradition se fonde sur l'arbre de la paix, qui est au centre, derrière un sentier, les quatre racines de la paix, qui se dirigent vers le lointain. Toute nation cherchant la paix peut trouver refuge sous l'arbre de la paix.

La ceinture de coquillages tubulaires pourpre et blanc, appelée wampum, était offerte lors des mariages : elle apaisait la douleur du deuil et invitait à faire la paix ou à négocier une alliance militaire. La couleur blanche était celle de la paix ; la noire, celle des événements tristes ; la pourpre, la plus appréciée. Comprenant l'attachement des Indiens à cet objet symbolique, les Européens les fabriquèrent en perles de verre et s'en servirent comme monnaie dans le commerce. Mais ils abusèrent de cette contrefaçon jusqu'à lui faire perdre totalement sa valeur.

 

Wampum d'Hiawatha

 

La remarquable confédération iroquoise fut fondée quelque temps avant l'arrivée des Européens, qu'on situe en 1142, donc beaucoup plus tôt que 1451, la date généralement admise. Cette datation plus ancienne place la Ligue des Iroquois parmi les plus anciennes démocraties en fonction sur la terre, au même titre que le gouvernement d'Islande et les cantons suisses. Les peuples des six nations, qu'on appelle également la confédération iroquoise, se désignent eux-mêmes sous le nom de « Haudenosaunee », ce qui signifie « peuple de la longue maison ».  Établis au nord-est de l'Amérique du Nord, les six nations ont commencé par un groupe de cinq : les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senecas. Ce n'est qu'au milieu du dix-huitième siècle que la Ligue intégra une sixième nation, les Tuscarocas, qui trouvèrent refuge auprès des Iroquois après avoir été expulsés de la Caroline du Nord par les Anglais.  Selon la tradition iroquoise, il fut un temps où toutes les tribus de la région étaient engagées dans des batailles sanglantes et des guerres sans fin. Deganawidah, un saint homme de descendance mohawk qu'on disait avoir des pouvoirs mystiques, eut une vision dans laquelle il vit les cinq nations se rassembler et s'unifier. Un noble Mohawk, du nom de Aionwantha (ou Hiawatha) fut tellement ému par les mots de Deganawidah qu'il commença à répandre le message lui-même, d'une tribu à une autre, en parcourant le territoire qui constitue aujourd'hui l'État de New York. Comme les sociétés étaient matriarcales, une troisième personne, Tsikonshase, une femme première mère de clan, insista pour qu'il y ait équilibre des genres dans la formulation de la constitution. On convoqua un conseil des cinq nations pour se mettre d'accord sur les lois et  les coutumes de la confédération. Ainsi est née la Grande Loi sur la paix des Iroquois, toujours en vigueur, qui a dominé le paysage politique depuis des siècles. Les tribus et les clans ont échangé des ceintures de wampum perlées avec soin, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, afin de mettre le point final aux traités et de célébrer les ententes. La Grande Loi sur la paix entra ainsi dans la mémoire collective. Tous les principes de cette Grande Loi sont contenus dans les motifs perlés, qui servent de guides lorsqu'on la récite à haute voix. Les perles blanches proviennent des épines de buccins et les perles pourpres ont été taillées dans des coquilles de clams. La ceinture à deux rangs de wampum est donnée au chef nouvellement élu. Les deux rangs de perles foncées représentent le canot et le grand voilier, une métaphore symbolisant les relations entre les colons hollandais et les peuples des Premières nations. La ceinture raconte l'histoire de deux peuples qui naviguent dans les mêmes eaux, en parfaite harmonie, sans jamais se nuire l'un l'autre et en se traitant toujours avec respect. Selon la loi Haudenosaunee, ce sont les mères de clans qui choisissent les candidats mâles au titre de chef. Les femmes conservent la propriété de la terre et des foyers, exercent un droit de veto sur toute décision du conseil qui risque d'engendrer la guerre et ont le pouvoir de mettre en accusation et de destituer un chef pour tout motif qui le justifie. Il appartient aussi aux femmes de perpétuer les traditions orales et d'instruire les enfants. L'histoire commence avec la première femme, tombée du ciel, qui atterrit sur le dos d'une tortue. Dans sa chute, la Femme venue du Ciel agrippa les racines de l'arbre du Paradis, et c'est avec  ces racines qu'elle créa la Terre. Après avoir reçu de la terre humide des habitants de l'eau (castor, rat musqué, loutre, etc.), elle planta les racines sur le dos de la tortue et chanta les chants de la plantation, tout en marchant autour de la carapace. Chaque fois qu'elle en faisait le tour, la carapace grandissait et ses plantations poussaient, jusqu'à ce qu'elles deviennent le territoire de l'Amérique du Nord que nous connaissons aujourd'hui, ou l'Île de la Tortue.



Sculpture d'Hiawatha et Minnehaha

 

Le Chant de Hiawatha (Titre original : The Song of Hiawatha) est un poème épique en vers libres de Henry Wadsworth Longfellow, et est symbolique de la littérature américaine d'inspiration indienne du XIXe siècle. Le poème, qui évoque la vie d'un Indien du nom de Hiawatha, puise ses références dans les légendes et les histoires des tribus indiennes nord-américaines, particulièrement celles des Ojibwés du Michigan du Nord, du Wisconsin, et du Minnesota, réunies dans l'ouvrage Algic Researches and History, Condition and Prospects of the Indian Tribes of the United States de l'historien américain Henry Rowe Schoolcraft, explorateur pionnier et ethnographe. Il était de 1836 à 1841 responsable des affaires indiennes pour le Michigan.  Henry Longfellow a commencé l'écriture du poème le 25 juin 1854, l'a terminé le 29 mars 1855, et le poème fut publié le 10 novembre de la même année. Dès que le poème fut sortit, il devint très vite un succès auprès du public.



Peinture de Margaret Early sur The song of Hiawatha

 


Chap. XX La famine (extrait)

 


Et le malheureux Hiawatha,
Loin au milieu de la forêt,
Très loin au milieu des montagnes,
Entendit le soudain cri d'angoisse,
Entendit la voix de Minnehaha
L'appelant dans l'obscurité,
"Hiawatha! Hiawatha! ".
Par les champs enneigés et désolés,
A travers les branches recouvertes de neige,
Hiawatha revint en hâte,
les mains vides, le cœur gros,
Il entendit Nokomis, gémissant, pleurant:
"Wahonowin! Wahonowin!
Il vaudrait mieux que j'aie péri à ta place,
Il vaudrait mieux que je sois morte comme tu l'es!
Wahonowin! Wahonowin!"
Et il s'est précipité dans le wigwam,
a vu la vieille Nokomis doucement
se balancer d'avant en arrière en gémissant,
Il a vu sa belle Minnehaha
Etendue morte et froide devant lui,
Et, son cœur en éclatant dans sa poitrine,
Poussa un tel cri de douleur,
Que la forêt gémit et frissonna,
Que les étoiles mêmes dans le ciel
S'émurent et tremblèrent de son angoisse.
Alors il s'est assis, toujours sans rien dire,
sur le lit de Minnehaha,
aux pieds d'Eau-Riante,
à ces pieds chéris, qui jamais
plus ne courraient légèrement à sa rencontre,
Qui jamais plus ne le suivraient légèrement.
Avec les deux mains il se couvrit le visage,
Sept long jours et sept longues nuits il resta assis là,
Comme sans conscience il restait là,
Sans voix, immobile, sans connaissance
Du jour ou de la nuit.
Alors ils enterrèrent Minnehaha;
Dans la neige une tombe ils lui firent
Dans la forêt profonde et sombre
Sous les fleurs plaintives; Ils la vêtirent de ses plus riches vêtements
Ils l'enveloppèrent dans ses robes d'hermine,
La recouvrirent de neige, comme l'hermine;
Ainsi ils enterrèrent Minnehaha....





Chap. XI La fête de mariage de Hiawatha (extrait)

 

Au son des flûtes et du chant,
Au son des tambours et des voix,
Se leva le beau Pau-Puk-Keewis,
Et il commença ses danses mystiques.
D'abord il dansa une mesure solennelle,
Au pas et au geste très lent,
Se glissant parmi les pins,
A travers les ombres et le soleil,
Marchant délicatement comme une panthère,
Puis plus vite et encore plus vite,
Tourbillonnant, tournoyant en cercles,
Sautant par-dessus les invités réunis,
Tourbillonnant en cercles autour du wigwam,
Jusqu'à ce que les feuilles se mettent à tourbillonner avec lui,
Jusqu'à ce qu'ensemble la poussière et le vent
Balayent tout alentour par leurs remous tournoyants.

 

Le livre "The song of Hiawatha" poême en version anglaise dans son intégralité Ici

La bande dessinée datant de 1949 de" The song of Hiawatha" en version anglaise Ici

 

Source

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chant_de_Hiawatha

http://perso.orange.fr/alain.cf/dvo95.htm

http://news.concordia.ca/pdf/sculpture.pdf

www.spc.int/coastfish/News/POIBVF/POIBVF10.pdf

http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/cg4_f.pdf

 

Source image

 

http://www.wheretheyplaygames.com/images/belt.jpg

http://www.axel-jacob.de/chiefs17.html

http://www.robingibson.net/public_html/EARLY/Early.html

www.kanfer.com/.../ 011MN%20Hiawatha%20Autumn.htm.

http://www.crystalinks.com/iroquois.html

http://encarta.msn.com/media_461528574/Hiawatha.html

 

 

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