Histoires

Histoires

 

 

 

Selon un récit algonquien


En ce temps là...

Il n'y avait que de l'eau à perte de vue où voguait un immense radeau.  S’y entassaient tous les animaux de la Terre, exaspérés.  Il y avait le grand lièvre qui détenait de merveilleux pouvoirs. 

Pour remonter le moral des siens, il leur fit une promesse :

«Si l'un de vous trouve une grain de sable, je créerai une terre où nous pourrons vivre à notre guise.»

Une terre ?  Tous se mirent à la recherche du précieux grain, si petit fut-il.  L'aigle tournoyait dans le ciel mais ne voyait rien.   Le castor, la loutre, le phoque, la baleine plongeaient tout à tour dans les eaux profondes mais ils refaisaient vite surface, épuisés.  C'est alors que discrètement, un petit rat d'eau s'élance à son tour et disparaît dans l'eau noire.   On attend en vain son retour...

Les jours, les nuits passent.  Tous sont désespérés.   Soudain, le gros corbeau s'écrie, du haut de sa vigie :

«Là-bas ! Là-bas ! Le rat ! Le rat !» 

On pouvait apercevoir au loin, flottant sur le dos, le rat musqué, tout gonflé et gorgé d'eau.  Hissé à bord puis réanimé, les animaux formant un cercle autour de lui, le lièvre scrute les pattes fermées de l'animal. Il ne trouve rien dans la première, ni dans la seconde, ni dans la troisième hélas ...  Au comble du désespoir, il ouvre la quatrième et trouve entre les griffes une toute petite perle ovée et luisante qu'il dépose dans le creux de sa main chaude.

Doucement le vent se lève.  Le lièvre balaie de son souffle sacré la perle qui s'anime, s'arrondit, gonfle, gonfle encore, crève puis éclot. C'est alors que s'élèvent des montagnes, se creusent des vallées, coulent des rivières, se forment des lacs, surgissent les forêts.

Le radeau pénètre dans une grande baie d'eau salée parsemée de plusieurs îles. Tous sont charmés devant tant de beauté et de nouveauté.   Le corbeau et le renard, en tant qu'éclaireurs, explorent les lieux, l'un du haut des airs et l'autre à ras le sol.  À leur retour, ils annoncent qu'il y a de la place pour tous.  L'ours blanc se dirige vers le Grand Nord, le castor construit des barrages sur les ruisseaux,  l'oiseau fait son nid dans les branches et les roseaux, le renard creuse son terrier dans ce nouveau sol...

Par ailleurs, des animaux morts sur le radeau naissent les humains, ceux du clan du loup, de la tortue, de l'ours ou du chevreuil...  Chacun choisit son milieu de vie.  C'est depuis ce jour qu'il y a une terre habitée par des animaux, des hommes et des femmes de différentes races, vivant côte à côte, unis dans une parfaite harmonie.


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Origine des sucres, autant de tribus, autant de légendes amérindiennes ...



Micmac


Par une journée de tôt printemps, alors que le vent était encore frisquet, une vieille femme Micmac alla ramasser la sève des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot qu'elle plaça au-dessus de son feu de tepee. Fatiguée, elle alla s'étendre pour se reposer. Lorsqu'elle se réveilla, le soir était déjà là. Dans le pot, elle trouva un sirop doré, clair et sucré.


Algonquin


Le chef prit son tomahawk de l'érable dans lequel il l'avait enfoncé la veille. Comme le soleil montait dans le ciel, la sève se mit à couler. Sa femme la goûta et la trouva bonne. Elle s'en servit pour cuire la viande: ce qui lui évita d'aller à la source pour chercher de l'eau. Le goût sucré et l'odeur douce furent très appréciés par le chef. Il appela le sirop dans lequel avait bouilli la viande, Sinzibuckwud, mot algonquin qui veut dire "tiré des arbres".


Iroquois


Par un matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu'il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk de l'érable dans lequel il l'avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde entaille dans l'arbre mais Woksis n'y fit pas attention. Il partit chasser.

Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l'érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l'eau s'écoula de l'entaille faite dans le tronc de l'érable et remplit le récipient.  Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l'eau, elle s'en servit pour faire un ragoût de gibier.

Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme:

"Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré".  N'y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l'après-midi. Woksis avait raison : le ragoût était sucré. On venait de découvrir le sirop d'érable !

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Les mythes


Pour les premières nations, la vénération de la nature occupe une grande place dans la vie spirituelle. Elles comprennent et respectent les multiples esprits de la nature. Les nations autochtones ont une spiritualité bien vivante qui repose sur la communication profonde de l’être humain avec les différents aspects de la vie animale, la nature et la terre mère. Ces relations homme-animal font partie de la spiritualité des nations et elles sont un éloquent témoignage de la culture ancestrale des autochtones. Chez un amérindien mâle, la chasse et la pêche sont des occasions parfaites pour entretenir des relations avec les esprits des animaux. La chasse n’était pas un sport, elle représentait un exercice de spiritualité traduisant un profond respect des ressources naturelles.

Pour maintenir de bonnes relations avec les animaux, les chasseurs doivent remercier leur proie et mettre en œuvre des rituels. Dans ces derniers, les chasseurs doivent assurer à l’animal que sa mort est nécessaire pour la survie du peuple et non pour le simple plaisir de l’abondance. L’homme peut entrer en contact avec les animaux et ensuite pénétrer leur âme par des moyens spirituels, tels le jeûne, les médecines et les rituels. Pour sa part, l’animal établit le contact avec l’homme par des rêves et des visions. Aux yeux des Amérindiens, lorsqu’ils choisissent leur totem, les animaux ont diverses formes et diverses significations.

L’ours, par exemple, est un synonyme de puissance et de force. Ainsi, la majorité des animaux et des végétaux sont synonymes de quelque chose. Il est important de mentionner que les Amérindiens ne représentaient jamais, pour leur totem, un animal qu’ils chassaient par respect pour ceux-ci. Mais outre la chasse et la pêche, les animaux sont aussi très présents dans l’imaginaire, dans les contes et dans la tradition orale des autochtones.



L’origine du tabac

 

C’était au commencement du monde. Les bons et les mauvais esprits se partageaient la terre ; nous devons croire que les bons esprits furent les plus forts puisque, malgré eux, la terre est restée et restera belle.  Un de ces bons esprits se reposait un jour dans une clairière. Il s étaient endormi près d’un feu qui commençaient à s’éteindre. Un mauvais esprit le guettait qui trop lâche pour s’attaquer ouvertement a celui qu’il détestait, crut le moment venu de lui jouer un mauvais tour.  Le génie malfaisant se mit donc à ranimer les flammes du foyer en y jetant des brassées de feuilles mortes, puis il poussa le dormeur si doucement et si régulièrement que celui-ci, sans rien sentir, finit par se trouver à peu de distance du feu.

Le mauvais esprit alimenta alors les flammes avec le bois sec qu’il avait préparé. Tout d’abord elles montèrent droites et belle vers le ciel.

Il souffla de toutes ses forces :

« Whou… Whou….. Whou….. ».

De son souffle malfaisant, ou il mettait toute sa haine, il dirigeait le feu vers l’esprit du bien, dont les cheveux s’enflammèrent.  La douleur réveilla le dormeur qui affolé et hurlant, se releva bondissant et se mit a courir, ne sachant comment éteindre les flammes qui consumaient sa chevelure. Il ne pouvait courir loin.

 Il savait qu’il risquerait d’incendier la forêt en la traversant pour aller se jeter à la rivière. Il fallait donc, tantôt bondissant et tournant sur lui-même, tantôt se roulant sur le sol nu, appelant désespérément :

«au secours ! Au secours ! Au secours !».

Un de ses amis, le vent d’Ouest, l’entendit. Il arrive en courant. Il cueillit au passage le mauvais esprit qui s’enfuyait et l’écrasa contre un arbre, puis, voyant la chevelure en feu, le vent d’Ouest souffla de toutes ses forces sur la tête de son ami exténué.

«Whou… Whou….. Whou…..».

Comme il est bienfaisant le souffle du vent d’Ouest ! Cette fois, chacun de ces «Whou… Whou….. Whou…..» arrachait l’un après l’autre les cheveux enflammés qui tombaient sur le sol. Ils y prirent racine car le grand manitou ne veut pas que la souffrance des bons soit stérile.  Il veut qu’elle serve à quelque chose. De chaque racine sortit une plante dont les feuilles, une fois séchées, rappellent les cheveux brûlés du bon esprit. Les indiens l’appelèrent «petun» nous l’appelons «tabac».

Ce qui prouve la véracité de cette légende, c’est que pendant de longs siècles, les indiens furent les seuls à connaître cette plante.  Il fallut la découverte de l’Amérique et l’exploration du Nouveau Monde par les Européens pour que le tabac fût importé en Europe, où son usage se propagea peu à peu.  L’abus qu’on en fait parfois est peut-être une vengeance des quelques mauvais esprits qui sont restés sur terre. Un beau jour, toutes les couleurs du monde entier se mirent à se disputer. Chacune prétendait qu’elle était la plus belle, la plus importante, la plus utile, la préférée !  Elles se vantaient, à haute-voix, chacune étant bien convaincue d’être la meilleure. Le bruit de leur querelle s’enfla de plus en plus.

Soudain, un éclair d’une lumière aveuglante apparut dans le ciel, accompagné de roulements de tonnerre. La pluie commença à tomber à torrents sans discontinuer.
 
Effrayées, toutes les couleurs se tapirent et se rapprochèrent pour chercher un abri les unes près des autres.

 

La pluie prit la parole

 

«Stupides créatures qui vous battez entre vous, chacune essayant de dominer l’autre, ne savez-vous pas que c’est le grand esprit qui vous a faites toutes, chacune dans un but particulier, uniques et différentes ?
 
Il aime chacune d’entre vous, il a besoin de vous toutes. Joignez vos mains et venez à moi. Il va vous étendre à travers le ciel en un magnifique arc-en-ciel, pour vous montrer qu’il vous aime toutes, que vous pouvez vivre ensemble en paix. Comme une promesse qu’il est avec vous, et comme un signe d’espérance pour demain…».

Ainsi, chaque fois que le grand esprit envoie une pluie pour laver le monde, il place l’arc-en-ciel dans son ciel, et quand nous l’apercevons nous devrions nous rappeler qu’il veut que nous sachions, nous aussi, nous apprécier les uns les autres et le louer de notre merveilleuse complémentarité.


Comment les papillons apprirent à voler

 

Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.
 
En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors.

Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. Chaque couleur de l'arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle qui tisse dans l'air des arcs-en-ciel.
 
Tandis qu'elle avançait en âge, Celle qui tisse dans l'air des arcs-en-ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants.
 
Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de Celle qui tisse dans l'air des-arcs-en-ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu'elle pouvait aider. Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.
 
Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et sœurs lui avaient toujours rendu service.
 
"Ma sœur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux couleurs de l'arc-en-ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu'ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ?" Celle qui tisse dans l'air des arcs-en-ciel promit d'essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.
 
Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle qui tisse dans l'air des arcs-en-ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit.
 
Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle qui tisse dans l'air des arcs-en-ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l'emporta.
 
Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait :

"Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent".
 
L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule.

"Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté de cœur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai."
 
Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons, voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau.
 
Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.


Paroles de chamane
 

Je viens de là-haut et je suis sacré !

 Il était une fois ma vie de guerrier. Je mourus au combat.

Quelques instants après ma mort, je me levai et retournai chez moi. Mais les miens ne pouvaient plus m'adresser la parole. Je retournai donc sur le champ de bataille où l'on m'avait tué. J'y vis mon corps étendu sans vie. J'essayai de retourner là où j'avais vécu pendant quatre ans. Sans succès.
 
Il était une fois ma vie de poisson. Mais la nourriture manque fréquemment aux habitants des eaux, ce qui rend leur vie bien pire que la nôtre. Ils n'en sont pas moins très heureux et s'adonnent souvent à la danse.
 
Il était une fois ma vie d'oiseau. Lorsque le temps était clément, j'aimais voler au-dessus de la terre. Dès la froidure venue, je souffrais du manque de nourriture. Je me réfugiais alors au creux d'un arbre. Si j'entrais trop dans les profondeurs de son tronc, je ne pouvais plus respirer. Si je m'aventurais trop loin, je venais à me geler et passais la nuit transi.
 
 Il était une fois ma vie de bison. La nourriture ne me manquait pas. Un manteau bien épais me préservait du froid. Mais des chasseurs me harcelaient sans relâche. Sans cesse, j'étais sur le qui-vive.
 
Ma vie de bison m'ouvrit les portes de la communication avec mon esprit supérieur, celui qui habite au-dessus de nous. Là-haut, je rencontrai l'esprit du grizzly. J'appris ses litanies afin de les chanter de retour sur terre. Je tenais dans la paume de ma main un charbon ardent que je frappais avec la paume de l'autre main. C'est alors que l'esprit du grizzly tomba sur le sol et que la boue noire jaillit de sa gueule.

Tous les esprits s'adressèrent à moi en ces termes :

"Tu l'as tué. C'est parfait. Eh bien, ressuscite-le maintenant."

Ils me donnèrent une flûte et une courge. Ils dépecèrent le grizzly et posèrent sur les morceaux de sa dépouille une substance noire. Puis ils soufflèrent sur lui quatre fois de suite. L'esprit du grizzly se redressa en prenant la forme d'un être humain avant de détaler.

Les esprits me dirent en chœur :

"Ce que tu as fait là, tu le feras sur terre. Tu as le pouvoir de tuer et de restituer. Tu es béni."
 
Voici l'histoire de l'homme ours telle que la racontent les Indiens Cherokee. Un chasseur vivait en compagnie des ours et faisait partie de leur famille dont le chef est un ours blanc. L'homme ours passa tout l'hiver dans la grotte des animaux. Le chef lui confia qu'au printemps des chasseurs le tueraient pour sa viande et sa fourrure.

Il demanda à l'homme ours de veiller après sa mort que son sang soit recouvert de feuilles.

"Quand ils t'emmèneront, regarde par-dessus ton épaule et tu verras quelque chose."

Tout se passa comme l'ours blanc l'avait annoncé. Quand l'homme ours tourna la tête, il vit Ours Blanc se lever de sous les feuilles, s'ébrouer et s'enfoncer dans les bois. Bien que sa tribu tentât de le civiliser, l'homme ours, lassé du monde des hommes, vint à mourir.

Sa nature animale était trop forte.

"S'ils l'avaient enfermé et mis à la diète pendant sept jours pleins, il serait redevenu un homme et aurait vécu."
 
Cette histoire montre que chacun fait ce qu'il a à faire. Il faut cependant que le rite soit accompli de façon juste. L'esprit de l'ours revient si tel est le cas : l'esprit de l'homme meurt si tel n'est pas le cas.  Le pouvoir est emprunté et non volé. Le pouvoir est donné et non approprié.

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Quelques histoires Amérindienne
Sioux-Lakota
Le Standing Rock
 

Il y a longtemps un homme de la tribu sioux Lakota avait épousé une jeune fille de la tribu Arikara. Après qu'ils eurent un enfant.
 
L'homme amena une autre épouse au foyer. La première femme était jalouse. Quand vint le temps pour la tribu de lever le camp, elle refusa de bouger d'où elle était. Lorsque leur tente fut démontée, elle resta assise sur le sol, avec son bébé sur le dos. Son mari et le reste de leur peuple se mire en route. 

A midi, le mari arrêta la colonne de la tribu en marche et dit à ses deux frères :

«Retournez vers votre belle-sœur et dites-lui de venir.  Je vous attends ici, mais hâtez-vous ! Je crains qu'elle se tue».

Les deux frères partirent. Au soir, ils arrivèrent à leur dernier campement  et retrouvèrent la femme assise sur le sol. L'aîné des deux frères lui dit : 

«Belle-sœur, nous somme venus te chercher. Le camp t'attend. Lève-toi et viens avec nous».
 
Comme elle ne répondait pas, son beau-frère lui caressa doucement la tête avec sa main. Elle s'était transformée en pierre ! Les deux frères sautent sur leur cheval et partirent au grand galop rejoindre le camp. Et racontèrent leur histoire, mais on ne les croit pas.

«Elle s'est tuée, et mes frères ne veulent pas me le dire», d'éclaira l'époux.
 
Tout le village leva le camp et retourna à l'endroit d'où ils étaient partis. La femme était là, assise transformée en bloc de pierre qui avait  la forme d'une femme. Le peuple de son époux en fut émerveillé. On choisit un cheval, mais un beau cheval, puis on fait un nouveau travois et on placé la pierre sur le filet de transport. Le cheval et le travois furent joliment peints, et ornés de rubans de différentes couleurs. Considérée comme sacrée, la pierre avait toujours la place d'honneur au centre du camp.  Lorsque le peuple se déplaçait pour établir un nouveau camp, la pierre et le travois se déplaçaient aussi. Des années durant, la femme de pierre voyagea avec le groupe. Elle se tient aujourd'hui devant l'agence indienne de Standing Rock, dans le Dakota Du Nord

 
 
 

Le Dieu Tonnerre
 
 

Lorsque le Dieu Tonnerre faisait entendre sa voix au peuple des Blacks Hills, l'homme-médecine appelait les guerriers apeurés qui se  terraient dans les tipis de leur camp, établi sur le bord de la rivière Belle Fourche.

Lorsqu'ils étaient réunis il racontait cette histoire :

«Vous qui écoutez maintenant, il ne vous arrivera aucun mal.

On dit qu'un jour, Esprit du Mal s'est mis dans une telle colère contre  Le peuple rouge que, pour le terrifier, il a fait vomir aux montagnes du feu et des pierres brûlantes. Les tipis furent détruits et les enfants périrent Pris de pitié, le Grand Esprit éteignit le feu et chassa Esprit du Mal.

Mais lorsque les Hommes Rouges redevinrent mauvais, le Grand Esprit autorisa Esprit du Mal à revenir dans les montagnes et à cracher le feu.
 
Les Hommes Rouges redevinrent bons et offres des sacrifices au Grand  Esprit. Alors, il chassa de nouveau Esprit du Mal et l'empêcha de nuire aux gens. 

Durant quarante années, rien ne vint les troubler, sauf en de rares occasions. Parfois, le Grand Esprit mettait en garde par le  Tonnerre ; il les avertissait que, s'il prenait le chemin du mal, il les ferait punir. Une fois de plus, il ferait que les montagnes vomissent du feu et des pierres brûlantes pour les détruire. Aujourd'hui encore, il arrive qu'il nous avertisse». 

«Retournez maintenant dans vos tipis, et n'ayez plus peur. Il n'arrivera aucun mal au Peuple Rouge».

 

 

La Rose de Prairie
 
 

Quand le monde était jeune et que les gens n'avaient pas encore émergé, aucune fleur n'égayait la prairie. Seuls y poussaient des herbes et des buissons gris vert. La terre était triste, car elle manquait de couleur et de beauté.

«J'ai tant de belles fleurs dans mon cœur, se disait alors la terre. Comme J'aimerais qu'elles soient sur mon sol. Des fleurs blues  Comme le ciel clair des beaux jours, des fleurs blanches comme la neige, des fleurs d'un jaune vive comme le soleil de midi, des fleurs rose  Éclatant toutes fleurs éclatantes. Je suis si triste quand je regarde la terre d'un gris vert et brun».
 
Une tendre petite fleur entendit la plainte de la Terre.

«Ne soit pas triste, Sol, je vais sortir de ton sol et te rendre plus beau».

Alors, la petite fleur rose monta du cœur de la terre pour égayer la prairie. Mais le vent l'aperçu et se mit à souffler :

«Je ne veux pas de cette fleur sur mon terrain de jeu».

Hurlant et rugissant, il se précipita sur elle et la souffla. Mais l'esprit de la fleur ressort du cœur de la terre.  Quand les fleurs courageuses sortirent à leur tour, le vent les tua les une après les autres. Et leur esprit revint du cœur de la terre.  A la fin, la rose de prairie proposa d'y aller.

«Bien sur, ma douce enfant, lui dit le sol de la terre. Je te laisserai partir. Tu es si Jolie et si parfumé que le vent sera charmé. Il t'autorisera à rester dans la prairie».

Rose de Prairie fit le long Voyage à travers le sol de la prairie terne. Tandis qu'elle cheminait, se disait :

«Comme j'aimerais que le vent me laisse vivre !» 

Lorsque le vent l'aperçut il se rua vers elle pour la briser :

«Elle est si jolie mais je ne veux pas d'elle sur mon terrain de jeu. Je vais la souffler»

et s'élança sur elle, mais il sentit le parfum de la  Rose et s'arrêta.

«Comme il est doux, il se dit alors. Je n'ai pas le cœur d'ôter la vie à une aussi jolie rose au souffle si parfumé. Il faut qu'elle reste ici avec moi Il faut que j'adoucisse ma voix, que je lui chante de douces chansons il ne faut pas que je l'effraie avec mon terrible souffle».

Et le vent change il envoya de douces brises sur les herbes de la prairie Il fredonna de petits chants de joie il avait cessé  D'être violant Alors les autres fleurs sortirent de la terre elles firent de la prairie une parure gaie aux couleurs vives.  C'est ainsi que la terre devint Belle
 

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