Les souvenirs du passé

Conserver le Souvenir

 

 

 

Les autochtones d'Amérique du Nord ne connaissaient pas l'écriture, leurs traditions étaient transmises oralement par des conteurs qui utilisaient des moyens mnémotechniques pour parvenir à retenir, au détail près, des récits qui étaient parfois longs et complexes. Mais les Indiens avaient malgré tout des moyens "d'archivage".

Ceux des Plaines possédaient des "annales" peintes sur des peaux de bison spécialement traitées pour cet usage. Chaque hiver, ils ajoutaient un dessin, réaliste ou symbolique, représentant l'événement le plus marquant de l'année, aux yeux des membres de la communauté. Les dessins successifs représentaient aussi bien des esprits que des humains ou des animaux. Beaucoup de traditions autochtones d'Amérique du Nord ne font pas la distinction entre ce que les Blancs appellent «un fait réel» et «un mythe».

Au mot "mythologie", utilisé par les sciences occidentales qui étudient l'homme, les autochtones d'Amérique du Nord préfèrent la périphrase "histoire sacrée" parce que le mot «mythe» est pour beaucoup d'Occidentaux un synonyme de "fiction" ou de "fable".

Une grande majorité d'Indiens et d'Inuit placent sur un pied d'égalité les récits relatant leurs relations avec leurs voisins ou les envahisseurs blancs, et ceux qui traitent de l'histoire de la Terre, de l'origine des hommes, ou des agissements de leurs ancêtres-totems et des esprits.

Ces derniers ont laissé leur marque indélébile sur les paysages d'Amérique du Nord, et le souvenir de leurs exploits, de leur malignité et de leur générosité demeurera bien vivant aussi longtemps que les rites, les danses, les chants et les récits traditionnels qui leur sont associés continueront d'être célébrés, interprétés et racontés, c'est à dire réactualisés.

Ainsi, pour l'année 1882, certaines annales tenues par les Kiowas ont-elles gardé le souvenir des efforts déployés par un saint homme, nommé Pa-tepte, pour tenter de faire revenir les bisons qui, à cette époque, étaient déjà en voie de disparition.

L'ordre des dessins était variable, mais ils étaient souvent disposés en spirale déroulante. Certaines peaux pouvaient garder le souvenir de deux siècles d'histoire tribale, seulement, les années se succédaient rarement sans interruption et les annales n'étaient utilisables que dans la mesure où la signification des dessins était encore connue d'au moins un des membres de la communauté.

Dans le Sud-Ouest, Maricopas, Pimas et Papagos sculptaient chaque été, à l'occasion des réjouissances qui accompagnaient la récolte des fruits saguaro, un nouveau symbole sur la face plane de "bâtons-calendriers" d'un mètre de long environ.

Ces symboles servaient de pense-bête aux "gardiens des bâtons-calendriers", des conservateurs de la mémoire collective qui avaient le même statut social que les guérisseurs, les chanteurs et les potiers.

Les gardiens des différentes tribus échangeaient, à l'occasion, leurs connaissances, ce qui leur permettait de se tenir mutuellement informés de l'histoire de leurs communautés respectives.

Les "bâtons-calendriers" étaient d'une précision suffisante pour permettre à chaque individu de connaître son année de naissance ; mais, comme les annales des Indiens des Plaines, ils avaient besoin de la mémoire des hommes pour jouer leur rôle et, à la mort de leur gardien, il leur arrivait d'être vendus ou détruits.

Dans le Nord-Est, les "ceintures de wampums" faites de perles en coquillage assemblées de manière à former des dessins, gardaient la trace des événements les plus importants - comme la fondation de la Confédération des Cinq Nations iroquoises et les traités passés avec les Blancs - mais le gardien des wampums » devait mémoriser les circonstances précises et les détails desdits événements.

  

(Larry J. Zimmerman)

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Commentaires (1)

1. BATIAT (site web) 15/06/2010

Je suis également passionnée, et j'envisage un voyage aux états unis sur les traces des Amérindiens, pourriez vous me conseiller ?

Je crois depuis que je suis enfant avoir été une indienne "cheyenne" ou Sioux dans une autre vie ... tellement tout m'attire chez eux ...

Cordialement

MB

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