Révolte de Pontiac

Révolte de Pontiac

 

 

 


Carte des tribus indiennes

  

  

 Introduction

  

 

Après la capitulation de Montréal, en 1760, les conditions de troc avec les indiens sont revues à la baisse par les Britanniques. Les Amérindiens protestent et se heurtent à l'intransigeance de Jeffery Amherst qui leur fait pas confiance. En 1761, les troupes d'Henry Galdwin renforcent fort Détroit, et sir William Johnson provoque une conférence de paix, qui reste stérile.

L'année suivante (1762), les relations entre les natifs et les britanniques se dégrades plus rapidement. Les indiens manquent de rhum, de poudre et de plomb. La colère gronde et la rumeur d'une reprise possible de Québec par les Français accentue les tensions.

 

  

1764


 

 

Siège de fort Détroit (9 mai - 31 octobre)

 

Le 27 avril les chefs indiens se réunissent, autour de Pontiac à environ 15 km de Detroit. S'inspirant de la mystique du prophète Delaware Neolin, Pontiac rallie à sa cause un certain nombre d'Ottawas, Ojibwas, Potawatomis et Hurons dans le but de prendre Fort Detroit et de chasser les Britanniques.

Le 7 mai, Pontiac et 300 hommes pénètrent dans le fort, leurs armes cachées sous des couvertures. Il semble cependant que le commandant de la garnison Henry Galdwin ait été informé de cette tentative et ses 120 hommes étaient prêts à repousser l'assaut. Pontiac s'en aperçoit et quitte le fort, qu'il revient assiéger deux jours plus tard. Les consignes sont de tuer tout sujet britannique et d'épargner les Français. La révolte de Pontiac vient de commencer.

 

 

  

 

Préparations des Chippewas avant la prise du fort Michilimackinac

 

 Après quelques succès lors d'escarmouches près au Lac St Clair les Indiens réalisent ce que les Britanniques pensaient inimaginable ; Fort Sandusky, Fort St. Joseph, Fort Miamis (actuellement Fort Wayne, Indiana) tombent aux mains des alliés de Pontiac (Hurons, Miamis, Potawatomi, Ottawa, Delaware, Mingo). Plus à l'est le Fort Pitt est assiégé. Plusieurs navires sont capturés et 20 des 35 hommes de la garnison de Fort Michilimackinac sont tués. Fort Ouiatenon, Fort Venango et Fort LeBoeuf sont pris. Puis c'est au tour de Fort Edward Augustus. En moins de 2 mois les Britanniques ont perdu tous les bastions des Grands Lacs et de la Vallée de l'Ohio à l'exception de Fort Pitt et Fort Detroit.

Début juillet, Donald Campbell est capturé durant une trêve par Wasson.

 

 Bataille de Bloody Run (1er août)

 

Fin juillet des renforts arrivent pour délivrer les assiégés. Le 31, 250 hommes (dont Robert Rogers) tentent de prendre le camp de Pontiac par surprise. Mais ce dernier est au courant de la tentative et les défait à la bataille de Bloody Run, une crique (run) située à 3km au nord du fort. Les Britanniques perdent 20 tués dont le capitaine James Dalyell et 34 blessés. La défaite n'est pas cependant pas suffisamment significative pour démoraliser l'armée de sa majesté.

Quoi qu'il en soit le siège n'aboutit pas et l'influence de Pontiac diminue. La nouvelle de la cessation des hostilités entre la Franc et la Grande Bretagne arrive aux oreilles des différentes tribus. Certaines d'entre elles abandonnent la partie et s'en vont. Le 31 octobre, finalement convaincu que les Français installés en Illinois n'interviendront pas, Pontiac lève le siège.

 

 Siège de fort Pitt (22 juin - 20 août)

 

Le fort étant impossible à prendre par la force, Guyasuta assiège la garnison commandée par Siméon Ecuyer et William Trent.

 

 Bataille de Bushy Run (4 et 5 août)

 

 

  

 

Bataille de Bushy Run

 

Une colonne de secours de 500 hommes sous les ordres d'Henry Bouquet est en route pour Fort Pitt à la fin juillet. Le 4 août elle est attaquée par environ 400 Indiens (menés par Guyasuta et Keekyuscung) à 40 km du fort. Les Britanniques parviennent à résister aux furieux assauts ennemis qui décrochent au coucher du soleil. Bouquet fait construire dans l'urgence une barricade de sacs de farine sur Edge Hill. A l'aube les Indiens repartent à l'assaut mais Bouquet se révèle le plus habile. Il fait avancer sa ligne puis feint la retraite vers la barricade. Les Indiens se regroupent... pour être pris de flanc par des troupes légères cachées. Rapidement les Indiens se débandent. Les Britanniques ont perdu 50 tués et 60 blessés. Les pertes indiennes sont inconnues (Keekyuscung en fait cependant partie) mais suffisamment importantes pour leur briser le moral. Le siège de Fort Pitt est levé.

 

 Bataille de Devil Hole (14 septembre)

 

Aussi connue sous le de «massacre de Devil's Hole». La bataille débuta par une embuscade d'environ 400 Senecas commandés par Cornplanter et Honayewus contre un convoi logistique entre les forts Schlosser et Niagara, en un endroit particulièrement impossible à défendre, bordé de bois d'un côté et d'un profond ravin de l'autre. Pris par surprise les Britanniques n'ont aucune chance dans un combat au corps à corps qui rend les mousquets inutilisables. Trois survivants sur 25 parviennent à rejoindre Fort Schlosser. Un détachement du 18th Foot installé à Lewiston et commandé par John Stedman, se précipite à la rescousse du convoi pour être à son tour pris en embuscade et massacré. L'intervention tardive du capitaine Wilkins ne permet pas de sauver la situation. Les Britanniques perdent 81 tués et 8 blessés. Il reste à peine une vingtaine de survivants.

Cette bataille ne permettra pas aux Senecas d'atteindre l'objectif escompté : Décourager l'installation de nouvelles colonies. Au contraire la présence militaire britannique est accrue.

 

   

L'essoufflement


 

Pendant l'hiver le mouvement de révolte s'essouffle et les Amérindiens enterrent progressivement la hache de guerre. Pontiac, maintenant esseulé, tente en vain de préserver la révolte.

Entre juillet et août Johnson conduit des négociations avec 2000 Indiens, essentiellement Iroquois et Senecas qui aboutissent par le traité de Fort Niagara.

  

 

Expédition de Bradstreet et Bouquet

 

 

 

  

Attaque indienne du fort de la Presque Isle

 

A cette date le colonel Bradstreet remonte les Grands Lacs jusqu'à Niagara avec 1200 hommes Il est censé reprendre contrôle de l'Ohio par la force. Le 12 août de forts vents obligent sa flotte à jeter l'ancre à Presqu'île (Lac Erie). Ainsi retardé Bradstreet décide de son propre chef de mener des négociations avec une délégation d'Indiens Ohios mené par Guyasuta. Lorsqu'il en est informé, William Johnson est fou de rage. Ignorant qu'il est désapprouvé par ses supérieurs Bradstreet renouvelle son action diplomatique le 26 août à Fort Detroit. Bien qu'ayant renforcé la présence britannique dans la région, la diplomatie de Bradstreet reste sujette à caution quant à ses résultats. Les Ohios ne rendirent en effet pas de prisonniers ainsi qu'ils l'avaient promis et les Shawnees tentaient de rallier les Français à leur cause. En tout état de cause la guérilla indienne continue de sévir à l'ouest de l'Ohio.

En octobre Bouquet et 1150 hommes sont à proximité des villages Ohios. Isolés de par les traités de Fort Niagara et Fort Detroit les Ohios sont contraints de céder à la pression britannique. Une nouvelle conférence de paix est finalisée avec William Johnson en juillet 1765.

 

 1765

  

Expedition de fort Chartres (mai-juin)

 

George Croghan traverse l'Illinois à ses risques et périls pour rencontrer Pontiac. Les Britanniques accordaient en fait plus de pouvoir à ce dernier qu'ils n'en avaient réellement, mais en en faisant le point central de leurs manœuvres diplomatiques ils accroissent son prestige vis à vis des autres tribus. Croghan est capturé par des indiens, mais réussi sa mission.

 

 1766

 

 Accord de paix au fort Ontario (23-25 juillet)

 

Pontiac signe finalement la paix avec Johnson le 25 juillet au Fort Ontario (Oswego). La guerre est officiellement terminée.

 

  

Conclusion

 

 

Pontiac fit la paix, mais elle ne fut acceptée par les tribus qu'après de longues luttes. La pacification de l'Ouest était loin d'être terminée. Du début de la colonisation à la fin de la guerre de Sept Ans (1763), les Anglais ont réussi à éliminer peu à peu des territoires nord-américains les Suédois, les Hollandais et finalement les Français.

 

 

 

 

Assassinat de Pontiac par Pihi

 

 

Le 20 avril 1769, Pontiac se rend à Cahokia pour faire du troc. Un jeune guerrier Peoria appelé Pihi ou Chien Noir l'accompagne. Lorsqu'ils quittent le poste de traite, Pihi assomme Pontiac et l'achève une fois à terre.

L'assassinat de Pontiac met un terme à la vie d'un farouche guerrier et marque le début d'une légende. Bien que sa rébellion se soit avérée être un échec, son exemple inspirera bon nombre de ses successeurs dans leur résistance face à la domination des Européens.

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Commentaires (1)

1. seotons (site web) 31/01/2011

Article très sympa. J'ai trouvé ce blog sur Google, et j'y ai trouvé mon bonheur. Continuez comme ça :).

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