Fort Bowie et Apache Pass

Fort Bowie et Apache Pass

 




Fort Bowie

 

 

Le fort Bowie commémore l'histoire du conflit armé entre les Apaches Chiricahuas et les militaires des Etats-Unis. Pendant plus de 30 ans fort Bowie et Apache-pass furent le point crucial des opérations militaires aboutissant à la reddition de Geronimo en 1886 et à l'exil des Chiricahuas en Floride et en Alabama.

Beaucoup de combats y ont eu lieu, c'était un endroit des plus dangereux et le plus redouté de la route des diligences.

Dans le cimetière, l'on trouve sur certaines tombes des inscriptions telles que "Tué par les Apaches" ; "A rencontré sa mort aux mains des Apaches" ou encore "Torturé à mort par des Apaches". ...

Quand le chemin de fer a été construit en 1881 il a perdu de son importance.

Construit en juillet 1862, agrandi en 1868.

Il fut occupé successivement par " Le Cinquièmes Volontaires D'Infanterie De la Californie " et par le " 2èmes de Cavalerie ".

En 1886, après que la reddition finale de Geronimo, fort Bowie a été fermé comme poste militaire.

En octobre 1894 le fort a été officiellement abandonné.

La terre a été vendue en 1911 et plusieurs des bâtiments démantelés.

Chaque bande d'Apache avait son existence propre, indépendante de celle des autres. Elles vivaient sur des territoires différents, et ne s'alliaient que rarement pour des travaux ou des guerres. Elles ne se rassemblaient pas pour des fêtes sociales ou religieuses, à l'inverse des Sioux. Leurs principaux points communs étaient la langue et la religion.

Les Apaches, comme les Navajos, vinrent des plaines du Canada. Les Navajos occupèrent le Plateau du Colorado. A l'exception d'un groupe qui resta dans les Plaines pour vivre du bison, les Apaches s'installèrent plus au sud, dans les montagnes. La bande des Chiricahuas comportait quatre groupes, répartis au sud du Nouveau-Mexique et de l'Arizona. Cochise était le chef des Chokonens.

Cela peut paraître extraordinaire à des Européens dont les terres sont organisées depuis des siècles, mais jusqu'en 1863, l'Arizona n'existait pas : c'était un élément du territoire du Nouveau-Mexique, quasiment inexplorée, presque sans autres habitants que les Indiens.

Des blancs étaient venus : les Espagnols d'abord, portant la Croix ; puis, au début du XIXme siècle, ce furent les trappeurs américains à la recherche du castor. On traversait, on ne s'arrêtait guère. Puis il y eut la ruée vers l'or en Californie ! Après quelques années, les mineurs qui avaient fait chou blanc, mais aussi appris à prospecter, cherchèrent de nouveaux territoires. L'Arizona tout proche recelait or et argent : il ne leur fallut pas longtemps pour découvrir les premiers filons. Les premiers signes de prospérité attirèrent rapidement éleveurs, fermiers, commerçants, tenanciers et aventuriers prêts à profiter d'une occasion de s'enrichir ou plus simplement de gagner leur vie. L'armée vint aussi pour maintenir un semblant d'ordre : en tout, quelques milliers d'Américains affluèrent en quelques années.

Dès 1863, l'Arizona est suffisamment peuplé pour obtenir le statut de Territoire, un gouverneur et une administration. Bientôt, un réseau de routes de terre découpe la contrée, et les diligences sillonnent le pays pour faire communiquer les villes champignons. Elles relient aussi le territoire aux côtes Est et Ouest, grâce aux chemins de fer du Middle-West. Les coches de la Butterfield Overland Company passent par le territoire des Chokonens, très précisément à Apache Pass. Il y a de l'eau : la compagnie y établit un relais.

Les relations entre Blancs et Indiens sont plutôt bonnes, jusqu'au jour où, dans une ferme proche du relais, un garçon blanc fait une fugue. Immédiatement, on accuse les Chiricahuas de l'avoir enlevé. Cochise est convoqué : il n'est au courant de rien, mais un certain lieutenant Bascom l'accuse. Cochise nie. Bascom insiste et veut le faire arrêter : Cochise fend la toile de la tente d'un coup de couteau et s'en va, malgré un coup de baïonnette au genou. Injustice contre injustice, les attaques des Chokonens sur les diligences de l'Overland vont faire une centaine de morts en quelques mois.

La bande des Chiricahuas Mimbreños, qui vit au Nouveau-Mexique se joint aux Chokonens de Cochise ! Elle est commandée par Mangus Colorado. Leurs expéditions communes à travers Nouveau-Mexique, Arizona et Mexique, la proie traditionnelle, combinent le pillage, qui permet de vivre, et la terreur, pour forcer les Américains hors de la région.

Au même moment, parmi les Américains, la Guerre de Sécession mobilise beaucoup d'hommes. Même si les territoires du Sud-Ouest ne sont pas de grands théâtres d'opération, chaque camp essaie de s'approprier la région. L'été 1862 deux compagnies quittent Tucson pour le Rio Grande. Leur route passe par Apache Pass. Cochise et Mangus Colorado se sont embusqués sur les falaises, de chaque coté de la route. La bataille est farouche : Mangus est blessé, Cochise retraite devant les tirs d'obusiers.

A peine rétabli, Mangus Colorado est capturé par traîtrise, assassiné la nuit suivante : les Chiricahuas se déchaînent ! Les blancs quittent la région ou convergent vers les villes ! Mais dans le même temps, on découvre de nouvelles mines ! L'attraction des richesses balance la peur : malgré le manque d'hommes, le nombre des postes militaires ne cesse d'augmenter. Les civils qui sont resté n'ont qu'un cri : "Débarrassez-nous des Apaches par tous les moyens !". Pour les grands commerçants, ces clients militaires sont une aubaine : ils leur livrent les matériaux de construction, le matériel, les approvisionnements. Les prix atteignent des niveaux éhontés : l'impôt payé par les Etats de l'Est alimente largement les caisses de l'Arizona naissant. Il faut que la guerre dure !

A la fin de la Guerre Civile, les Navajos sont dans la réserve de Fort Sumner, au Nouveau-Mexique, et les Apaches Mescaleros avec eux. D'autres tribus, riveraines du Colorado, d'autres bandes Apaches ont accepté de vivre sur des réserves. Mais les déprédations des Chiricahuas continuent. Ni la répression militaire, ni les promesses de paix négociée n'ont le moindre effet sur eux. A cor et à cri, l'Arizona réclame le remplacement du commandant militaire, jugé mou et inefficace.

Pendant ce temps, à Washington, où l'on a fini de célébrer la victoire, les anciens Abolitionnistes, qui pensent avoir résolu le problème noir avec la fin de la Guerre Civile, se convertissent en Amis des Indiens. Ils n'en ont jamais vu : leurs grands-pères ont réglé pour eux ce type de problème. Ils ne sont jamais allé dans l'Ouest, et n'ont aucune idée de ces étendues arides. Ils pensent comme des gens de l'Est. Pleins de bonne volonté, ils vont aiguillonner le gouvernement, et proposer des solutions.

Le président Grant fait voter une loi déterminante : chaque tribu était jusqu'ici considérée comme une nation souveraine, apte à négocier et signer des traités. Désormais, les Indiens deviennent des pupilles, que les Américains devront mener vers la civilisation. Leur administration est transférée du ministère de la Guerre à celui de l'Intérieur. Chaque église, baptiste, presbytérienne, épiscopale, catholique, quaker recevra en partage une population d'Indiens, et présentera ses candidats aux postes d'agent.

En même temps, le gouvernement cède aux revendications de l'Arizona et lui envoie un nouveau commandant militaire : le général de brigade George Crook, héros de la Guerre de Sécession. Paradoxe ?

Crook vient d'une famille modeste. Sans le système d'admission à West-Point, qui permet aux députés de proposer chaque année deux jeunes gens pauvres et méritants pour y faire gratuitement leurs études, Crook n'aurait jamais eu accès aux études supérieures. Custer et Grant sont dans le même cas.

George Crook n'a ni l'impétuosité de Custer, ni la ténacité de Grant, ni l'intelligence brillante de Sherman. Mais il est solide, ne recule pas devant l'ennemi, gagne des batailles : à la fin de la guerre, il est général de brigade. Cet homme du peuple est ce qu'on appellerait aujourd'hui " un bon professionnel ", doué d'autonomie et d'imagination. Malgré des effectifs divisés par dix, il reste dans l'armée, avec le grade de lieutenant-colonel. Il faudra près de dix ans pour qu'il retrouve son grade : c'est précisément lorsqu'on l'envoie pacifier l'Arizona.

A Washington, l'agitation pro-indienne continue : deux mois après son entrée en fonction, Crook reçoit l'ordre de surseoir à toute action. Le gouvernement envoie Vincent Colyer, pour tenter de négocier la fin de la terreur. A peine arrivé dans l'Ouest, le messager de paix est hué, vilipendé. Il écoute pourtant Apaches et Américains, et propose finalement la création de quatre réserves. Mais il n'a pas rencontré Cochise, qui continue ses activités ordinaires de meurtre et de rapine. On n'en sort pas !

Grant envoie un second enquêteur, un soldat, cette fois, le général O.O.Howard. Ses hommes le surnomment "Cite-la-Bible" ! Howard se fait assister de Tom Jeffords, un entrepreneur local qui, pour continuer d'exercer son commerce, a risqué sa vie en s'enfonçant seul dans les montagnes pour rencontrer Cochise. Cela lui a acquis la confiance et l'estime du chef.

La rencontre entre Cochise et Howard aboutit enfin, le 14 octobre 1872, à la création d'une réserve de 5000 km², qui englobe les montagnes Dragoon et Chiricahua : Tom Jeffords sera l'agent des Chokonens. Mais Cochise est malade. Il meurt au printemps 1874. Son fils Tahza et Jeffords maintiennent la paix, mais Geronimo, un autre Chiricahua, du groupe des Bedonkohes, refuse de se soumettre. Il va devenir la nouvelle terreur des Américains, comme il était déjà celle des Mexicains.

 

Jeffords, Thomas ,1832-1914

 

 

Pionnier Américain est allé en Arizona en 1862 comme un scout et messager d'armée des ETATS-UNIS ; plus tard il est devenu un conducteur d'étape.

En 1866-67, il a commandé le service de courrier entre le fort Bowie et Tucson. Un certain nombre de ses hommes ayant été tués par des Apaches, et il a décidé de rencontrer leur chef, Cochise. Il a gagné le respect des Apaches par la rencontre dans leur camp.

Une amitié forte s'est développée entre Jeffords et Cochise, et elle a stoppé pour un court période la guerre des Apaches Chiricahua contre les blancs.

Car Jeffords était le seul homme blanc à qui Cochise a fait confiance.
Le général O. O. Howard, commissaire indien, a utilisé Jeffords comme agent dans un traité (1872). Cochise a accepté de vivre sur une réserve seulement si Jeffords était l'agent indien. Jeffords a consenti, et pendant les quatre années qu'il était l'agent des indiens, les ennuis avec les Chiricahua guerriers Apache ont pratiquement cessés.

 

Photos


Ruines du fort


 Ruines du fort


 

 

Au loin, la passe


La tombe d'un soldat



La tombe du fils Geronimo


Le départ d'une patrouille

 

 

Source : America Dreams

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Commentaires (1)

1. Ibrahim Seid 05/11/2011

Indiens d'Amerique : la sublimation au passé....le regret au present....

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