De nos jours

De nos jours

 

 

 

 Situation actuelle

 

 

Depuis 200 ans, le gouvernement américain est partagé entre une politique de séparation et une politique d'assimilation : est-ce que les tribus indiennes peuvent s'auto-gouverner comme nations indépendantes à l'intérieur des Etats-Unis ou devraient-elles être absorbées par la société américaine - un autre ingrédient du "melting pot" sans statut particulier ?

La problématique est lancée en 1790, lorsque le secrétaire de la Guerre, Henry Knox propose que les tribus soient traitées comme nations indépendantes. Son intention est de négocier des cessions de terres entre deux gouvernements distincts et de faire en sorte que les Indiens deviennent de bons voisins en les "civilisant". Cette politique est à la base de plus de 200 traités entre les nations indiennes et le gouvernement des Etats-Unis. Mais ces arrangements sont sujets à des modifications selon la politique en cours. Fin du 19e siècle, une nouvelle loi fédérale divise le territoire indien en parcelles afin de métamorphoser les Indiens en fermiers. On veut ainsi dissoudre le gouvernement indien. Les effets de cette loi sont dévastateurs: 65% du territoire indien revient au gouvernement américain.

En 1930, John Collier, leader du Bureau des Affaires Indiennes, essaie de rétablir les droits des autochtones. Il essaie de créer des gouvernements indiens modernes ; cependant sans grand succès. Entre 1940 et 1960, la politique de l'assimilation reprend le dessus. Le Congrès pousse les tribus à abandonner leur statut particulier. On leur propose une somme d'argent modique et on oublie les Indiens; on oublie leurs droits; on oublie les traités; on oubli les problèmes. Plus d'une douzaine de tribus ne survivent pas à ces mesures radicales.

En 1970, cette politique d'extermination culturelle prend fin avec le Président Nixon. On parle désormais de "nouveau fédéralisme". C'est un pas dans la bonne direction, mais le progrès est souvent bloqué par une bureaucratie tenace.

En dehors du domaine politique, les Indiens se battent également pour la sauvegarde de leur culture. Dans certains cas, il s'agit de récupérer des artefacts qui ont été enlevés par des anthropologues ou par des collectionneurs privés. Une douzaine de musées possèdent toujours des collections importantes de pipes, des accessoires de voyants-guérisseurs et d'autres objets religieux. La lutte pour la reconnaissance de leurs religions se poursuit également.

On peut noter que pendant les années 90 la population indienne augmente de façon significative. Il est donc impératif de créer des nouveaux emplois pour les générations futures. Un certain nombre de tribus travaillent en collaboration avec le gouvernement de leur Etat. D'autres exploitent les ressources minérales de leur territoire.

Le plus grand problème - la croissance de la population - est peut-être également un atout: une nouvelle génération, mieux éduquée et prête à prendre le relais dans un combat sans fin.

  

 

Entre tradition et nouveau monde

 

 

Même si les guerres se terminent, les Indiens doivent continuer à se battre pour leurs terres et leur culture. Le gouvernement veut les pousser à s'intégrer dans la société américaine en essayant de les disperser. Souvent ils sont déplacés vers les villes. Aujourd'hui plus d'un tiers de la population indienne réside dans des régions urbaines, au bord de la société.

Le Bureau des Affaires Indiennes continue à lutter. Plusieurs tribus arrivent à s'approprier une parcelle de leurs anciennes terres. Les réserves se créent. Cependant la vie y est difficile: famine, maladies, alcoolisme, absence d'éducation et chômage déterminent le rythme de vie. Jusqu'à nos jours, de nombreuses tribus n'arrivent pas à se remettre de leurs maux. Les statistiques racontent l'histoire du désespoir, de la pauvreté et de la bureaucratie peu efficace. Comparé à d'autres groupes ethniques aux Etats-Unis, les Indiens connaissent le taux de chômage le plus élevé, le revenu le plus faible et l'espérance de vie la plus courte.

Le Congrès National des Indiens d'Amérique est établi en 1944 et continue à jouer un rôle primordial à Washington. Après des années de lutte, une partie des territoires est restituée aux Indiens dont notamment le Blue Lake aux "Taos Pueblos". Entre temps des centaines de demandes continuent à être discutées tant aux Etats-Unis qu'au Canada. Ainsi les 'Sioux' réclament depuis longtemps les Black Hills du Dakota du Sud. En Arizona, une dispute pour des terres entre 'Navajos' et 'Hopis' résulte dans un déplacement de plusieurs milliers de 'Navajos'.

Pendant les années 60, une génération d'activistes indiens s'adresse directement au gouvernement et à la nation américaine. En 1968, le Mouvement des Indiens d'Amérique se crée à Minneapolis. Ce mouvement connaît rapidement une réputation militante. En 1969, les activistes indiens attirent l'attention du public en occupant la prison abandonnée sur l'Ile d'Alcatraz. D'autres groupes organisent des démonstrations à Mount Rushmore, Ellis Island et Washington DC. Plus récemment, des émeutes sur les réserves de Mohawk (Ontario et New York) ont lancé un débat international sur les droits des Indiens d'Amérique. En 1990, la Court Suprême des Etats-Unis met en doute la légalité de l'usage religieux du peyote, un hallucinogène utilisé lors de cérémonies indiennes. La législation varie d'un état à l'autre.

Il n'est manifestement pas facile pour les Indiens de trouver un compromis entre leurs traditions et modes de vie anciens et la place qu'on leur confère dans ce nouveau monde. Leurs pratiques, souvent mal comprises, ne correspondent pas à la vision d'une Amérique capitaliste, basée sur l'économie.



C'est l'histoire du cadre et de cercle :

 

"Le symbole indien par excellence est le cercle. La nature veut la rondeur des choses. Les corps des humains et des animaux n'ont pas d'angles. En ce qui concerne les Indiens, le cercle est le symbole des hommes et des femmes rassemblés autour du feu de camp, parents, amis réunis en paix pendant que le calumet passe de main en main. Le camp dans lequel chaque tipi avait sa place forme aussi un cercle. Le tipi est le cercle où l'on s'assoit en cercle. La nation est seulement une partie de l'univers, en lui-même circulaire et fait de la terre qui est ronde, du soleil qui est rond, des étoiles qui sont rondes; et la lune, l'arc-en-ciel, l'horizon sont aussi des cercles insérés dans des cercles insérés dans des cercles sans commencement ni fin.

Le symbole de l'homme blanc est le cadre. Le cadre de sa maison, des buildings où sont des bureaux, avec des murs de séparation. Partout des angles et des rectangles: la porte qui interdit l'entrée aux étrangers, le dollar en billet de banque, la prison. Le rectangles, ses angles, un cadre. De même pour les gadgets de l'homme blanc - boîtes, boîtes et encore boîtes - téléviseurs, radios, machines à laver, ordinateurs, automobiles. Toutes ces boites ont des coins, des angles abrupts - des arêtes dans le temps, le temps de l'homme blanc, ses rendez-vous, le temps de ses pendules, ses heures de pointe - c'est ce que les coins signifient à mes yeux. Vous êtes devenus les prisonniers de toutes ces boîtes."

 

 

Tahca Ushte dans "De Mémoire Indienne", Terre Humaine/Poche

 

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Commentaires (1)

1. Ami de passage 08/11/2009

Un ressensement des réserves et liens internet avec les réserves qui en sont pourvues serait un chef d'oeuvre...Bravo pour votre travail...

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